Étude réalisée par Alis Technologies Inc. pour le compte de l'Agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche (AUPELF UREF)
Copyright © 1995, Alis Technologies Inc., Montréal, Canada 19 juillet 1995
Les langues écrites du monde, à l'exception notable de l'anglais, ne sont pas fort bienvenues sur l'Internet. On y constate une très forte prédominance de la langue de Shakespeare, accentuée non seulement par la quasi absence d'autres langues, mais surtout par les difficultés techniques rencontrées par les non-anglophones. L'Internet tire ses origines des États-Unis, et toute sa conception, son infrastructure, ses protocoles et normes portent la marque d'un manque d'attention aux besoins des communications en diverses langues. On peut constater de graves carences dans les bases mêmes, dans le protocole de transport de la messagerie par exemple qui n'admet qu'un seul jeu de caractères, suffisant seulement à l'anglais.
Le réseau Internet a été conçu comme un réseau maillé, plein de redondance, propre à résister aux pannes et aux avaries. Or, la structure actuelle ressemble bien plus, au niveau mondial, à une étoile centrée sur les États-Unis. Ce simple fait, en plus de nuire à la robustesse du réseau, a aussi pour effet de rehausser la dominance de la langue anglaise, que l'on retrouve, bien sûr, sur les sites américains où tous les liens mènent. C'est d'ailleurs de ces mêmes sites que sont récupérés tous les logiciels gratuits ou bon marché qui ont fait de l'Internet ce qu'il est. Tous ces logiciels, bien sûr, ne sont qu'en anglais, et bien souvent ne savent pas s'accommoder d'autre chose que d'anglais dans l'information qu'ils sont appelés à traiter, à transmettre, à recevoir, etc.
L'interface d'un logiciel ne se résume pas à l'ensemble de ses menus, commandes et boutons visibles à l'utilisateur. C'est aussi sa capacité à présenter des informations, particulièrement textuelles, et les facultés qu'il offre à l'utilisateur de fournir des informations, de saisir du texte. On peut aussi considérer qu'un logiciel Internet est lui-même une interface entre l'utilisateur et le réseau, incorporant un (ou plusieurs) protocole qui font donc partie de l'interface.
Cette étude s'attachera donc à examiner les interfaces à l'Internet que sont les logiciels de messagerie, les clients et serveurs WAIS, Gopher, etc., non pas seulement en fonction de l'interface-utilisateur au sens habituel du terme, mais en prenant en compte les protocoles et standards Internet qu'ils réalisent. On s'attachera à bien identifier les limitations linguistiques de ces interfaces, avec une attention particulière donnée au français et à ses langues partenaires. La localisation des interfaces-utilisateur sera aussi étudiée, ainsi que les possibilités de traitement de langue naturelle et d'interfaces audios avec les problèmes qui s'y rattachent. Finalement, nous cernerons les zones non défrichées, pleines de possibilités, où la francophonie pourrait prendre la place de meneur.