Le chinois
(le mandarin)

Indicatif ISO 639 correspondant au chinois : zh.

Table des matières

Le chinois (le mandarin)

Généralités
Histoire de la langue
Situation juridique
Morphologie et syntaxe
L'écriture — les symboles
Transcriptions

Toutes les transcriptions en pinyin dans le texte ci-dessous sont en italique pour plus de lisibilité, les transcriptions traditionnelles de l'École française d'Extrême-Orient apparaissent comme du texte français.


Généralités


Je me suis appliqué à la langue chinoise et j'assure Votre Révérence que c'est une autre chose que le grec ou l'allemand (...) La langue parlée est sujette à tant d'équivoques que beaucoup de sons signifient plus de mille choses et parfois il n'y a d'autre différence entre l'une et l'autre que de prononcer le son avec la voix plus élevée ou plus basse en quatre espèces de tons. C'est pourquoi, parfois, quand ils parlent entre eux, ils écrivent pour faire comprendre ce qu'ils veulent dire, car les choses sont différentes par l'écriture l'une de l'autre.

Quant aux caractères, c'est une chose à laquelle on ne peut croire si on ne l'a pas vu ou expérimenté comme je l'ai fait. Il y a autant de lettres que de paroles et de choses (...) Leur manière d'écrire est plutôt une manière de peindre et c'est pourquoi ils écrivent avec un pinceau comme nos peintres. Il en découle cette utilité que toutes les nations qui ont cette écriture peuvent se comprendre au moyen des lettres et des livres bien que leurs langues soient très différentes.

C'est en ces termes qu'il y a quatre siècles, le jésuite Matteo Ricci résumait à son ancien professeur de Rome, le R.P. Formari, ses récentes découvertes du chinois. La description de Ricci, pour sommaire et imprécise qu'elle soit, cerne bien quelques-uns des grands traits du chinois.

Mais, pour commencer, disons d'abord que le chinois est une langue appartenant au groupe sino-tibétain divisée en deux grandes familles : les langues tibéto-karens et les langues hans, communément qualifiées de chinoises. Parmi les grandes langues han on regroupe :

  1. le mandarin, parlé par 720 millions de locuteurs, soit près de 70% de la population chinoise. C'est la langue officelle enseignée dans toutes les écoles. Elle est parlée dans tout le nord-est du pays, région linguistiquement homogène;

  2. 24 dialectes (en fait des langues), concentrés dans le sud-est du pays; ils sont tous très différents les uns des autres et aussi éloignés du mandarin que l'espagnol l'est du français.

    Ces autres langues han se caractérisent par leur conservation des anciennes consonnes finales -m, -p, -t, -k. Les langues wou (wu) – avec celles parlées à Chang-haï et Wen-tcheou – ont conservé d'anciennes initiales sonores comme b̬, d̬, g̬, dz̬, etc. Les dialectes mandarins ont quatre ou cinq tons, tandis que les autres dialectes sont généralement pourvus de plus de tons.

    . Les grands dialectes han sont les suivants :

    • le cantonais (yué) parlé par 46 millions de locuteurs en Chine populaire, ainsi que 5 millions à Hong-Kong, 700 000 en Malaisie, 500 000 au Viêt-nam, 500 000 à Macao et 300 000 à Singapour ;
    • le wou (wu), 77 millions en Chine populaire, aux alentours de Chang-haï, 7% de la population continentale, il est en partie utilisé à la radio, le mandarin gardant un caractère plus officiel, puisque sur les mêmes stations c'est dans cette langue que sont lues les nouvelles ;
    • le hakka, 26 millions de locuteurs en Chine populaire, soit 2,5% de la population, 2 millions à Taïwan, 1 million en Malaisie, 640 000 en Indonésie ;
    • le min, 26 millions de locuteurs en Chine populaire, 14 millions à Taïwan, soit 75% de la population insulaire, 2 millions en Malaisie, 1,2 million à Singapour, 1 million en Thaïlande, 700 000 en Indochine, un demi million à Hong-Kong, un demi million aux Philippines ;
    • le Siang (Xiang) parlé par 36 millions de locuteurs dans le Hou-nan (Hunan).

Enfin, quelques langues non-hans sont également parlées en Chine ; parmi les plus importantes, il faut citer :

  1. le tibétain avec 5 millions de locuteurs en Chine ;
  2. le ouïgoure parlé par 7,2 millions de personnes en RPC, principalement dans la province de Sin-kiang (Xinjiang) ;
  3. le yi, en fait un ensemble de 20 langues, avec 5 millions de locuteurs. Le yi possède son propre système d'écriturenbsp;;
  4. le tchouang (zhuang), parlé par 8 millions de personnes dans les régions autonomes de Wen-chan (Wenshan) et Kouang-si (Guangxi). Le tchouang s'est écrit en caractères latins avant que les autorités chinoises n'imposent récemment les caractères han.


Histoire de la langue


Pour des raisons évidentes, liées à la nature particulière de l'écriture chinoise, nous n'avons que peu d'informations sur l'histoire de la phonétique de la langue chinoise. De plus, l'écriture classique, wenli, semble n'avoir jamais correspondu à une forme parlée du chinois. On peut cependant noter, dans cette courte introduction, que durant les dynasties Song-Houan (du XII au XIVe siècles avant J.-C.), une forme populaire – le báihuà (discours dépouillé) – plus proche du chinois parlé que la "langue" littéraire wen-li a commencé à être utilisé dans la production littéraire. Aujourd'hui, le báihuà est connu sous le nom de pŭtōnghuà, la langue commune officiellement adoptée en 1956.

La destinée et la propagation du mandarin doit beaucoup aux conquêtes des empereurs, et aux structures centralisatrices que tous imposeront aux pays conquis. Deux mille ans avant J.-C., les empereurs de la dysnastie Yin lancent de nombreuses campagnes dans le but d'unifier la Chine. Les empereurs de la dynastie Han, 206 av. J.-C à 220 apr. J.-C..étendent leur empire en Mandchourie, en Corée, en Mongolie, au Viêt-nam et en Asie centrale. Suit une période d'anarchie et de visions. Sous certaines dynasties, les Tang, la Chine connaît une administration remarquable. Les Mongols et les autres barbares envahissent le pays mais se sinifient rapidement. Les Ming reprennent la Chine en main au XIV e siècle.

Du point de vue linguistique, toutes les dynasties chinoises ont opéré une politique d'assimilation implacable en vue d'absorber les peuples de la périphérie de l'Empire du Milieu. L'administration centralisatrice et la grande autorité des mandarins assurent un grand prestige à la langue de ceux-ci basée sur le pékinois.

La standardisation des caractères han remonte au IIIe siècle, sous la dynastie Ts'in – d'où nous vient d'ailleurs le mot Chine. Leur forme et leur construction ont peu changé. Par contre la prononciation de ces mots à travers toutes les langues han a changé de manière dramatique, comme le tableau ci-dessous l'indique. Les formes précédées d'une * sont des formes hypothétiques reconstruites.

Variation phonologique dans le temps (diacritiques indique le ton)
    VIIe s.
avant J.-C.
VIIe s.
après J.-C.
  1008     1250    1993 
piste, voie *drog taw` tɦaw` daw` dào [dɑu]
vertu *dugh təj˘ təə̑k tək [də]
classique *gwing kiŋ kjianjŋ kεjŋ jīng [d̥ʒɪŋ]


Situation juridique


Le mandarin est aujourd'hui la langue officielle de facto de la République populaire de Chine; en effet la Constitution de 1982 ne mentionne rien en matière de langue officielle. Néanmoins, la Constitution dans son article 19 parle du pŭtōnghuà (langue commune) : L'État encourage, à l'échelle nationale, l'utilisation de la langue commune. Or, en 1956, le pŭtōnghuà fut défini officiellement comme la norme parlée, avec comme prononciation de référence, celle de Pékin. Cette langue commune est diffusée systématiquement à la télévision et à la radio.

Si la nouvelle constitution de 1982 reconnaît officiellement l'existence de langues et d'ethnies minoritaires, il n'en reste pas moins que l'on assiste à une politique d'assimilation subtile. En effet, le chinois reste la seule langue utilisée au parlement. Même dans les régions autonomes où l'enseignement de langues minoritaires est permis, il est obligatoire d'apprendre le mandarin à partir du deuxième cycle du primaire. Moins d'une dizaine de langues minoritaires sont enseignées dans les faits. De plus une grande partie du personnel administratif des régions autonomes utilise exclusivement le mandarin. Toutes les communications avec le gouvernement central ne se font qu'en mandarin. Le gouvernement pratique également depuis 1956 une politique favorisant l'immigration des Hans dans les régions minoritaires. Les non-Hans se retrouvent souvent dès lors minoritaires sur leur propre territoire. Le processus se produit au Tibet et dans la région autonome Tchouang du Kouang-si. Enfin, la totalité des officiers et des soldats de l'armée sont des Hans.

Globalement, on peut qualifier la politique libérale d'assimilation de réussie : plusieurs langues jadis importantes (voir le Mandchou, langue ancestrale de 4,2 millions de Chinois) sont éteintes ou sur le déclin : pour de nombreux membres de peuples minoritaires leur langue est reléguée aux discussions familiales et aux manifestations folkloriques. Elle est souvent un objet de mépris.



Morphologie et syntaxe


En chinois de Pékin, il existe quatre tons : le ton uni   ̄ ou 1, le ton montant ´ ou 2, le ton modulé   ̌ ou 3, descendant puis montant, et enfin le ton descendant ` ou 4. Il existe un phénomème de sandhi tonal : un ton 3 suivi d'un autre ton 3 se tranforme en 2. Ainsi suǒ et yǐ donne suó.yǐ donc. Le deuxième élément des mots disyllabiques est prononcé d'un ton léger, pratiquement atone, xièxie̊ merci.

Le mandarin ne connaît aucune inflection. Le sens d'une phrase est déterminé par l'ordre logique attendu, soutenu par quelques balises syntaxiques telles que ba (pour indiquer l'objet), de (de nombreuses fonctions), le (marque le passé). Les substantifs du vieux fond sont habituellement monosyllabiques : mā maman, mǎ cheval, rén (jen en ÉFEO) homme. Beaucoup de mots sont polysyllabiques, on les forme habituellement en apposant plusieurs mots.

On utilise comme suffixe de pluriel, pour les pronoms et les groupes, menyou.men, amis.

Les adjectifs en chinois sont des verbes statifs. Comme qualificatifs, ils précèdent le nom, souvent suivis de la particule de. Par exemple : lì.shǐ.duǎn de guó.jiā, un pays avec une brève (duǎn) histoire (lìshǐ) . La particule de est omniprésente et très importante en chinois, elle tient de nombreux rôles parmi lesquels :

  1. indiquer l'attribut, comme dans l'exemple ci-dessus. Voir également : jīn.tián de̊ bào le journal d'aujourd'hui;
  2. indiquer la possession aléniable : wǒ.de shūmon livre, par opposition à wǒ fùmon père;
  3. et donc, pour former des subordonnées relatives en précédant le déterminé, par exemple, wǒ.me̊n; yǐ.jīng xué.guo de cái.liåola matière que j'ai déjà étudiée (xué étudier; guo particule du perfectif ou de l'accompli; cái.liåo matière).

Les verbes chinois sont invariables, il n'existe pas de temps. Le chinois ne manque pourtant pas de moyens pour exprimer le temps, il recourt à cette fin à des termes auxiliaires. Ainsi, le passé sera-t-il exprimé par l'auxiliaire liao fini, achevé . Ces termes finissent par se vider de leurs sens propres au point de devenir des morphèmes comme ais, ais, ait pour l'imparfait français.

Bien que le chinois soit une langue dont l'ordre des mots est essentiellement Sujet­Verbe­Objet, l'ordre Sujet­Objet­Verbe n'est pas inhabituel. L'auxilaire bǎ permet d'indiquer que la place de l'objet se trouve inversée : wǒ bǎ qì.chē mǎ.le j'ai acheté une voiture.


L'écriture — les symboles


Ce qui frappe tout d'abord l'occidental dans l'écriture chinoise c'est le grand nombre de signes. Les plus récents dictionnaires en énumèrent plus de 60 000. Cependant un millier de signes couvre 90% des apparitions dans les textes typiques. Le système est ouvert, on peut composer de nouveaux caractères au gré de l'évolution de la langue qui invente sans cesse de nouveaux mots.

À l'origine du caractère chinois, il y a évidemment un élément de pictographie ; comme en Égypte ou à Sumer, l'écriture a commencé par des représentations figurées. Le dessin d'un arbre a servi à représenter le mot bois, une femme sous un toit désigne la paix, la tranquillité, enfin une femme et un enfant désigne ce qui est bon. Ce fond pictographique ne représente plus qu'une infime partie du répertoire de l'écriture actuelle.

Le caractère chinois (ou han ) s'inscrit dans un carré imaginaire de surface identique pour chaque caractère. C'est pourquoi les Chinois désignent ces caractères du nom de fàngkuàizì, c'est-à-dire tétragramme. Certains caractères n'ont qu'un ou deux traits, d'autres en ont jusqu'à soixante-quatre. On donnera à chaque trait consécutif la taille adéquate pour qu'à la fin tous les traits tiennent dans le carré normatif. Les caractères de peu de traits doivent occuper le plus possible du carré. Il existe huit traits de base. Voir caractère han pour une liste complète. Avant le XXe siècle, les textes chinois s'écrivaient sans ponctuation ni espacement. Les syllabes ne sont jamais regroupées en mots. Aujourd'hui en Chine populaire, les textes s'écrivent horizontalement de gauche à droite. Ailleurs, dans la diaspora, les publications sont habituellement écrites par colonnes verticales descendantes, la première colonne étant celle de droite. Remarquons enfin que sur les frontons des temples, où il n'y avait pas d'espace pour écrire en colonnes, l'usage ancien voulait qu'on écrivît de droite à gauche.

Beaucoup d'érudits, plus particulièrement les linguistes et les sinologues, sont d'avis que l'écriture chinoise est un énorme et imprécis syllabaire avec des qualités sémantiques et visuelles prononcées. Il faut néanmoins concéder que les caractères han ne fonctionnent pas selon les règles d'un système purement phonétique car ils évoquent du sens isolément sans devoir se combiner comme c'est le cas dans les systèmes purement phonétiques.

Les caractères han peuvent jouer deux rôles : celui de composant sémantique et celui d'élément phonétique qui sert à indiquer la prononciation du caractère. Il existe environ 200 radicaux sémantiques ; la grande majorité des caractères chinois sont composés de ceux-ci et d'un élément phonétique.

ll faut préciser que ni le composant sémantique ni le composant phonétique n'indique le sens précis ou la prononciation. Il ne s'agit souvent que d'une vague évocation que le lecteur devra restituer en devinant ou en retenant le sens et la prononciation. Ainsi, bié, (cheville) foulée est-il une combinaison du radical pied et de l'élément phonétique usé, minable — qui s'associe à d'autres éléments sémantiques pour indiquer les prononciations biē, bié, piē, piě. Certains composants phonétiques ont jusqu'à 12 prononciations (ou même davantage) selon les caractères dans lesquels on les rencontre.

Il existe souvent de nombreuses prononciations pour un même caractère han. pourra donc se prononcer en madarin des façons suivantes : wèi, kǎi, nái, wéi, yí, jī, kāi, ái, mò, gài. Ces différentes prononciations d'un même caractère correspondent alors fréquemment à des sens différents. Inversement, des centaines de caractères peuvent avoir une même prononciation ayant chaque fois une signification différente. Ainsi, par exemple, yī est-elle la prononciation mandarine des caractères suivants (la liste n'est pas exhaustive) : un ou , vêtement , selon , iridium , il ou elle régionalement ou encore comme nom de famille , gazouillis , médecin , équivalent à , se prosterner les mains jointes , l'exclamation hélas ! et enfin ondulation . Jadis, ces différents logogrammes auraient tous eu une prononciation particulière, mais à la suite d'un long et compliqué processus de réduction phonétique, toutes ces prononciations se sont fondues en une seule.

Un des plus grands problèmes au sujet des caractères chinois (tseu en É.F.E.O) est qu'on a trop tendance à les confondre avec des mots (ts'eu) en se disant que les langues chinoises sont exclusivement monosyllabiques. En d'autres termes, on présume qu'un caractère = une syllabe = un mot. Rien n'est plus faux. Même dans la langue classique artificielle – dont il est impossible de comprendre un passage lu à haute voix sans l'avoir mémorisé auparavant – il existe de nombreux mots polysyllabiques. En mandarin moderne, on a démontré que la longueur moyenne d'un mot est très proche à deux syllabes.

Si l'écriture han est bien adaptée au chinois classique, elle n'est pas un bon véhicule pour transcrire les parlers régionaux et populaires. Même pour le pékinois qui est pourtant la base du mandarin moderne, de nombreux auteurs se plaignent de ne pouvoir écrire leurs expressions favorites. Pour ce qui est des autres langues chinoises, il est encore plus difficile de transcrire une phrase parlée fidèlement puisque de nombreux phonèmes fréquents ne se retrouvent pas parmi le jeu de 60 000 caractères han standards. On est donc obligé, si l'on veut transcrire phonétiquement du yué (Canton), du min (Taïwan) ou du wou (Chang-Haï) d'inventer de nombreux caractères ou d'avoir recours à la romanisation, comme cela a été souvent le cas depuis la fin du XIXe siècle sous l'influence des missionnaires occidentaux. Le tableau ci-dessous donne une idée des variantes géographiques de quelques mots courants.

Variation phonologique à travers l'espace
Mandarin Sou-cheou
(Suzhou)
Wen-tcheou
(Wenzhou)
  Canton     Amoy  
thé chá [tʂh] czo cdzo ctʃá cta/cte
mille qiān [tɕi̯εn] ctsiɪ ctɕi ctʃin ctʃin
oncle bó/bái [b̥ɤ/b̥ai̯] poʔɔ poɔ pɚkɔ pɚkɔ/pakɔ




Les transcriptions du chinois

À la fin de la dynastie Ming, pendant la première moitié du XVI e siècle, et suite à l'arrivée des jésuites en Chine, on voit apparaître de nombreuses innovations pami lesquelles le concept de romanisation de la langue chinoise. Les premiers systèmes furent créés par les jésuites Matteo Ricci (1605) et Nicolas Trigault (1625). Le processus de romanisation se heurte à de nombreux obstacles parmi lesquels l'attachement que les Chinois ressentent envers leur écriture : il s'agit d'un instrument d'identification très puissant entre les chinois.

Il n'est sans doute pas sans intérêt de relater l'épisode de la romanisation ratée de l'alphabet tchouang, langue minoritaire proche du tha et du lao. Cette romanisation avait été favorisée par les Russes lors du rapprochement de l'U.R.S.S et de la Chine communiste, peu après la seconde guerre mondiale. Après le renvoi des Soviétiques, les Chinois se sont empressés de faire oublier cet alphabet. Les Tchouangs reçoivent bien aujourd'hui un enseignement dans leur langue mais celle-ci est transcrite en caractères han.

Bōpōmōfō


Peu après chute du gouvernement mandchou, et des structures dynastiques qui avaient survécus durant près de deux millénaires, le nouveau gouvernement républicain substitua au chinois classique le mandarin comme langue officielle écrite. Peu après, en 1913, apparut l'Alphabet phonétique (Guóyīn Zìmǔ également appelé Bōpōmōfō).

Une liste des codes correspondant au Bōpōmōfō dans la norme ISO 10646 est disponible.



Les transcriptions pinyin et É.F.E.O.


Le Pinyin est le système officiel international de transcription du chinois depuis 1979, il fut créé à partir de l'alphabet phonétique zhuyin zimu de 1918 et des signes phonétiques (zhuyin fahao) de 1928. Il a été promulgué en 1958 par le conseil des affaires d'État chinois comme transcription officielle. Il utilise l'alphabet latin, avec un seul diacritique – le tréma –, il est fondé sur la prononciation de la langue commune pŭtōnghuà.

Il est de plus en plus utilisé comme base dans des applications diverses : le braille chinois, le télégraphe, le sémaphore marin, la signalisation routière, les méthodes de saisie informatique et pour l'enseignement primaire - à des fins pédagogiques et d'unification de prononciation. Avec l'établissement de règles orthographiques officielles, certains disent que la Chine vit désormais sous un régime de digraphie : le pinyin et les caractères han sont utilisés conjointement dans la vie quotidienne et officielle.

Le système de l'École française d'Extrême-Orient a été présenté pour la première fois dans un article paru en 1902 à Hanoï. L'É.F.E.O. est basé sur la prononciation en usage à Pékin. Bien que le pinyin soit aujourd'hui le système de transcription officielle, les transcriptions du chinois en É.F.E.O sont nettement moins déroutantes, pour un francophone, que celle en pinyin. De nombreux toponymes et patronymes ont été popularisés dans la presse sous cette transcription ou une forme approximative – Mao Tsé (ou Tsö) Toung, Pékin, Tsiang Kaï-chek, Yang-tseu-kiang – plutôt que sous leur forme pinyin Mao Zedong, Beijing, Jiang Jeshi, Yangzijang.

 Pinyin   É.F.E.O   API 
a e [ε ] dans bian = pien (É.F.E.O) = [pi&epsi̯n]
a [ ɑ] devant ng,u : lao = lao = [lɑu f;]
a [a] ailleurs
b p [b]
c ts' [tsh]
ch tch' [tʂh] remarque chi = tch'e = [tʂh ɹx;̩]
d t [d̥]
e e [ə] avant les nasales : ben = pen = [b̯ən]
e [ε] après i, ü, y: tie = t'ie = [t hi̯ε]
e [e] devant i : wei = wei = [wei̯]
o/ö [ɤ] ailleurs. He = ho (hö) = [χɤ]
f f [f]
g k [g̥]
h h [χ]
i e [ɹ̩] après ch, r, sh, zh : chi = tch'e = [tɨɹ̩]
eu [ɨ] après c, s, z : ci = ts'eu = [tshɨ]
ei [ɪi̯] après gu, ku : kui = k'ouei = [khu̯ɪi̯]
i [i̯] avant ou après les voyelles, lai = lai = [lai̯]
i [ɨ] devant n, ng : bin = pin = [b̥ɨn]
i [i] ailleurs, li = li = [li]
j ts (ou k) [d̥ʑ]
k k' [kh]
l l [l]
m m [m]
n n [n]
ng ng [ŋ]
o o [u̯] après a: lao= lao = [lɑu̯]
e [o] avant u : tou = t'eou = [t hou̯]
o [ʊ] devant ng : zhong = tchong = [d̥ʊʐŋ&#x]
o (ou ouo) [ɤ] ailleurs : po = p'o (ou p'ouo) = [p hɤ]
p p' [ph]
q ts' (ou k') [tɕh]
r j [ɹ]
s s [s]
sh ch [ʂ] remarque : shi  : = che = [ʂ ɨ]
t t' [th]
u iu [y] après q, j, x : qu = ts'iu (ou k'iu) = [tɕhy]
u [y] après y : yu = yu = [jy]
eou [ʊu̯] après i  : diu = tieou = [d̥ʊu f;]
ou [u̯] avant une voyelle : kua = k'oua
oue [ʊ] devant n : sun = souen = [sʊn]
ou [u] ailleurs : mu = mou = [mu]
ü iu [y] après n et l : = niu = [ny].
Lüe est transcrit liue ou, moins souvent, lio.
De même pour nüe.
u parfois transcrit ainsi après l : = lu = [ly].
x s (ou h) [ɕ] exemple&nsbp;:xu = siu (ou hiu) = [ɕy]
y y [j]
z ts [d̥z] exemple : zi = tseu = [d̥zɨ]
zh tch [d̥ʒ] remarque : zhi = tche = [d̥ʒɹ̩]





Retour à la liste alphabétique des langues

Le navigateur multilingue Tango assure l'affichage correct de toutes les langues de Babel. © 1996, Alis Technologies inc.

Réactions? Commentaires? Suggestions?   Écrivez-nous.